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Le Vrai / Faux de la dénutrition des résidents

Publié le 04-02-2021

Il existe aujourd’hui entre 450 000 et 700 000 personnes âgées dénutries en France. Or, le risque de mortalité est multiplié par 4 chez une personne dénutrie ! [1]

Face à ce constat, de nombreuses études ont été faites afin de comprendre comment lutter contre cette dénutrition qui accentue la fragilité des seniors, notamment des plus dépendants. 

Pour vous aider à lutter contre la dénutrition dans votre EHPAD, laissez-vous guider par ces VRAI / FAUX.

 

Les personnes âgées sont rarement touchées par la dénutrition : FAUX

 

Dans un premier temps, rappelons la définition de la dénutrition : il s’agit d’une situation dans laquelle les apports nutritionnels ne permettent pas d’assouvir les besoins du corps humain. C’est donc une situation dangereuse qui aggrave la fragilité des seniors. Et ce n’est pas un phénomène ponctuel ! En effet, elle touche 15 à 38 % des personnes âgées dépendantes et entraîne une hausse du niveau de dépendance, des risques de comorbidité, et dans le pire des cas la mortalité. [1]

Il convient aussi de différencier la dénutrition de la malnutrition, qui englobe l’ensemble des déséquilibres en matière d’apports nutritionnels (les carences et/ou les excès de certains nutriments)

 

L’alimentation constitue un enjeu primordial en EHPAD : VRAI

 

Effectivement, une bonne alimentation est centrale pour les résidents car « Bien manger, c’est bien vieillir ! ». C’est pourquoi plusieurs groupes d’aliments doivent être introduits dans les menus afin d’assurer un bon apport nutritionnel aux résidents [2] :

  • Les produits laitiers: qui permettent d’apporter aux seniors du calcium réduisant ainsi le risque de fragilité osseuse et donc de fractures lors de chutes.
  • Les protéines: qui permettent de maintenir une masse musculaire convenable pour garantir le tonus d’un résident.
  • Les acides gras: pour préserver les fonctions cognitives.

 

De manière plus précise, il est recommandé aux seniors de plus de 65 ans de consommer chaque jour 1 à 1,2 g de protéines par kilo de poids corporel. [3]

 

La dénutrition s’explique uniquement par le fait que les résidents n’apprécient pas les aliments : FAUX

 

Il est vrai que la dénutrition des résidents en EHPAD peut s’expliquer en partie par le fait que les aliments ne soient parfois pas à leur goût. Néanmoins, ce n’est pas le seul facteur !

En effet, les facteurs d’appréciation des plats sont multiples et peuvent être déclinés en deux catégories [1] :

  • Les facteurs sensoriels liés à l’alimentation : apparence, texture, goût, température…
  • Les facteurs cognitifs liés au sujet : familiarité avec l’aliment, identité socioculturelle, réminiscence, confort digestif…

 

Au-delà du goût, l’environnement favorise aussi une bonne alimentation en EHPAD. Dresser une belle table attrayante et agréable, proposer des couverts ergonomiques facilitant l’autonomie des résidents dans leur alimentation, adapter les plats au niveau de la texture pour favoriser la déglutition et la mastication… [2] sont autant de leviers à actionner pour favoriser une bonne alimentation.

 

Enfin, il existe d’autres éléments qui peuvent être à l’origine de la dénutrition [4] :

  • Le manque d’activité physique
  • Les problèmes digestifs
  • Les problèmes bucco-dentaires (infections, cavités buccales et appareillage mal installé)
  • La polymédication  (les médicaments peuvent altérer le goût et l’odorat)
  • La dépression (isolement, perte d’un proche, et réticence à demander de l’aide)
  • Les préjugés (saveurs, aliments ou textures inconnus)

Ainsi, l’ensemble de ces facteurs pourraient expliquer la baisse d’alimentation des résidents et constituent des leviers d’actions pour lutter contre la dénutrition.

 

Les signes de la dénutrition sont à la fois physiques mais aussi psychologiques : VRAI 

 

Les impacts de la dénutrition sont difficiles à cerner, car ils peuvent être à la fois visibles (physique) et invisibles (psychologiques).

Sur le plan physique, les signes sont divers : perte de poids, diminution des capacités sensorielles (goût, odorat), fragilité, anorexie, fatigue, infections…

Il est néanmoins plus difficile de détecter les signes de cette dénutrition lorsque son origine est d’ordre psychologique. En effet, celle-ci peut entraîner la dépression d’un résident, la solitude, le veuvage… Il faut alors redoubler de vigilance. [4]

Les signes sont donc divers ; Senior Actu propose un résumé des zones de vigilance à ne pas manquer [5] :

 

Il existe de nombreux conseils à appliquer pour lutter contre cette dénutrition : VRAI 

 

  • Assurer une régularité au niveau de la durée et des horaires des repas [6]

Le Conseil National de l’Alimentation a expliqué l’enjeu autour de ces deux éléments pour limiter les troubles de la glycémie chez les seniors. Voici les conseils qu’il donne au niveau de la durée des repas :

  • Pour le petit-déjeuner, 30 minutes.
  • Pour le déjeuner, 1 heure.
  • Pour le goûter, 30 minutes.
  • Pour le dîner, 45 minutes minimum.

 

  • Agir sur les plats en eux-mêmes [4]

Pour inciter les seniors à s’alimenter, il est conseillé de relever le goût des plats grâce à des épices, des condiments et des aromates, de privilégier des mets faciles à consommer (thon émietté, soupe, viande hachée), d’enrichir ses plats grâce à du lait ou de la crème pour assurer la consommation de protéines.

Quelques éléments déconseillés cependant : abuser du sucre (coupe l’appétit et fait grossir), abuser des graisses (risque de cholestérol), manquer de vitamines et de fibres… [7]

 

  • Encourager l’activité physique

En effet, les activités physiques, même peu intenses, permettent d’ouvrir l’appétit au senior.

 

La dénutrition est une fatalité : FAUX 

 

Nous l’avons vu précédemment, de nombreux conseils peuvent être appliqués en EHPAD pour lutter contre la dénutrition de vos résidents. Pour cela, 3 éléments sont essentiels [5] :

  • Informer vos équipes sur les besoins nutritionnels des résidents
  • Diversifier les apports alimentaires tout en assurant une bonne quantité
  • Être attentif à l’appétit des seniors, notamment s’ils sont à risques.

Il s’agit donc d’être dans l’anticipation et l’observation pour pouvoir agir vite et efficacement.

 

Ainsi, il existe de nombreux leviers pour aider une personne âgée à sortir de sa dénutrition.
Le Centre de Recherche de l’Institut Bocuse cherche à y contribuer. Grâce à ses recherches, retrouvez des idées de menus détaillés dans leur guide de recettes « Le plaisir dans l’assiette » : Gnocchis aux épinards sauce gorgonzola, dos de cabillaud aux tomates cerise et au thym… Retrouvez des idées toujours plus diversifiés pour les repas dans votre établissement en cliquant ici : https://www.fehap.fr/upload/docs/application/pdf/2020-01/le_plaisir_dans_lassiette.pdf. Grâce à eux, les apports nutritifs seront assurés !

 

Sources : 

 

[1] https://www.nutripro.nestle.fr/dossier/nutrition-moments-de-vie/seniors/les-preferences-culinaires-des-personnes-agees#

[2] https://www.capretraite.fr/choisir-une-maison-de-retraite/le-quotidien/l-alimentation-en-maison-de-retraite/

[3] https://www.senioractu.com/Grand-age-et-Petit-appetit-un-guide-pratique-pour-prevenir-la-denutrition-des-aines_a23178.html

[4] https://www.capretraite.fr/prevenir-dependance/sante-grand-age/la-denutrition-de-la-personne-agee/

[5] https://www.senioractu.com/attachment/2051125/

[6] https://www.famidac.fr/?Alimentation-de-la-personne-agee

[7] https://www.lesmaisonsderetraite.fr/sante/l-alimentation-des-seniors.htm

Tags : A la une, EHPAD, Santé : prévenir la fragilité

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